Portrait ou paysage ? Choisir la meilleure orientation de tablette en vol
Une tablette qui semble parfaitement positionnée à la table de la cuisine peut devenir gênante dès que l’on s’installe dans un cockpit exigu. Dans un sens, la carte paraît naturelle, mais l’appareil se rapproche du manche. Dans l’autre, le dégagement s’améliore, mais les informations nécessaires peuvent sembler à l’étroit.
Choisir la meilleure orientation de tablette en vol ne consiste pas à désigner le mode portrait ou paysage comme solution universelle, mais à adapter l’écran à l’application, au cockpit et à la phase de vol. La meilleure configuration peut même changer entre le départ et la croisière.
Commencez par les informations, pas par la forme de la tablette
Le mode portrait semble souvent plus familier, car de nombreux documents aéronautiques sont conçus sous forme de pages. Les plans d’aérodrome, cartes d’approche, listes de vérifications et documents de vol au format PDF profitent généralement de l’espace vertical supplémentaire. Une page entière peut rester lisible avec moins de zoom et de défilement, en particulier sur une grande tablette.
Les cartes mobiles peuvent raconter une autre histoire. Le mode paysage offre davantage de largeur, ce qui peut être utile pour visualiser la route à venir ou afficher une carte à côté des informations météorologiques, du trafic, du relief ou du plan de vol. Les applications dotées d’une fonction d’écran partagé offrent également plus d’espace exploitable pour deux volets lorsque l’écran est horizontal.
Cela ne signifie pas que toutes les cartes doivent être affichées en mode paysage ni toutes les cartes d’approche en mode portrait. La disposition varie selon les applications, et certaines déplacent automatiquement les boutons, les barres d’état ou les blocs de données après une rotation. Ouvrez les vues que vous utilisez le plus souvent et observez ce qu’il advient de la surface réellement utile de la carte, plutôt que de vous limiter aux dimensions extérieures de l’appareil.
Tablette en mode portrait : les situations où elle est efficace
Le mode portrait constitue un excellent point de départ pour les vols faisant largement appel aux procédures. Il correspond à la forme de la plupart des cartes d’approche et des plans d’aérodrome. Il peut aussi afficher une plus longue portion d’une route orientée nord en haut sans nécessiter de déplacer fréquemment la carte. Pour la navigation VFR, certains pilotes préfèrent également voir davantage de terrain devant et derrière l’avion plutôt qu’une zone plus étendue de chaque côté des ailes.
L’encombrement réduit en largeur peut constituer un autre avantage. Dans les avions équipés d’un manche entre les genoux du pilote, ou lorsque le siège, la console centrale et la paroi de la cabine laissent peu d’espace latéral, le mode portrait peut s’intégrer plus naturellement à l’espace disponible.
La contrepartie est la hauteur. Placée verticalement sur la cuisse, une tablette grand format peut remonter vers le tableau de bord, le volant ou la colonne de commande. Elle peut également obliger le pilote à baisser davantage la tête. C’est un point important, car une carte pratique ne l’est plus si sa consultation détourne plus longtemps que nécessaire l’attention de la vue extérieure et des instruments principaux.
Avant le vol, déplacez toutes les commandes concernées sur l’ensemble de leur course normale, conformément aux procédures de l’aéronef. Vérifiez la tablette après avoir réglé le siège et les palonniers pour le pilote qui effectuera réellement le vol, et non pour la dernière personne ayant occupé l’avion. Une configuration qui laisse suffisamment d’espace avec le volant centré peut ne plus convenir lorsque celui-ci approche des limites de sa course.
Pourquoi le mode paysage peut être mieux adapté au cockpit
Le mode paysage abaisse le bord supérieur de la tablette et répartit l’écran sur la largeur de la cuisse. Dans certaines cabines, cela améliore le dégagement des commandes et réduit l’angle du regard vers le bas. Cette orientation est particulièrement utile pour les vues larges d’une carte mobile et pour les applications qui affichent une carte à côté d’un autre panneau d’informations.
La largeur supplémentaire permet de mieux appréhender le contexte de la route. En croisière, un pilote peut souhaiter voir les prochains points de cheminement, les espaces aériens voisins et la météo par rapport à sa route sans devoir déplacer constamment la carte. Les créateurs de contenus aéronautiques et les instructeurs peuvent également trouver un écran horizontal plus pratique pour examiner une trajectoire ou commenter un vol après l’atterrissage.
Cette largeur présente toutefois ses propres inconvénients. Une tablette en mode paysage peut empiéter sur la manette des gaz, la poignée de porte, la commande de compensateur ou le siège voisin. Dans un cockpit biplace étroit, elle peut occuper l’espace nécessaire à une liste de vérifications papier ou à un bloc-notes. Un appareil ne doit jamais gêner le mouvement normal des commandes, l’évacuation d’urgence ou l’accès aux équipements obligatoires.
La meilleure orientation peut changer en cours de vol
Rien n’oblige à conserver la même orientation de tablette entre la mise en route et l’arrêt du moteur. Une méthode pratique peut consister à utiliser le mode paysage pour la carte mobile en croisière, puis le mode portrait pour consulter un plan d’aérodrome ou une carte d’approche. L’essentiel est de choisir le bon moment pour faire pivoter l’appareil.
Reconfigurer un support, déverrouiller la rotation de l’écran et réorganiser les fenêtres de l’application peut entraîner un temps inutile passé tête baissée pendant une arrivée chargée. Effectuez ce changement pendant une période de faible charge de travail, ou configurez l’appareil avant le départ pour la phase la plus exigeante prévue. Si vous devez consulter une carte particulière plus tard, téléchargez-la et ouvrez-la pendant que vous êtes encore au sol.
La rotation automatique de l’écran peut également devenir gênante dans les turbulences ou pendant les manœuvres. Si le système d’exploitation ou l’application le permet, verrouillez l’orientation après avoir choisi la disposition souhaitée. Vérifiez que la luminosité, le niveau de zoom et les commandes tactiles restent utilisables dans cette position. Un écran parfaitement organisé n’a que peu d’intérêt si un champ de fréquence ou un détail de la carte est masqué par des reflets.
La position du support compte autant que l’orientation de l’écran
L’orientation ne peut pas compenser un mauvais emplacement de montage. L’écran doit être lisible sans masquer les instruments ni la vue extérieure, et l’appareil comme son support doivent rester à l’écart des commandes sur toute leur course. Les câbles de recharge méritent également une attention particulière : un câble qui passe sur une commande ou s’accroche aux vêtements peut transformer une installation ordonnée en cockpit encombré.
Le positionnement sur la cuisse est utile dans les avions où un support fixé au tableau de bord ou à une vitre gênerait la visibilité ou occuperait un espace limité. Une solution compacte telle que la planchette de vol Dream Pilot Magic permet d’utiliser un téléphone ou une tablette en mode portrait ou paysage grâce à une fixation magnétique. Les appareils compatibles MagSafe peuvent être fixés directement, tandis que les autres téléphones et tablettes peuvent utiliser une plaque métallique adhésive. Comme pour toute installation d’un appareil dans le cockpit, les pilotes doivent vérifier avant le vol sa bonne adaptation, le dégagement des commandes et sa compatibilité avec leur aéronef.
Tenez également compte de la chaleur et de l’alimentation électrique. La lumière directe du soleil peut rapidement faire chauffer une tablette, tandis que la luminosité maximale, la navigation et les fonctions sans fil augmentent la consommation d’énergie. L’orientation peut modifier l’exposition de l’écran au soleil ou faire en sorte que le port de recharge appuie contre le siège ou la paroi de la cabine. Prévoyez une solution de secours adaptée et évitez qu’un unique appareil grand public soit le seul moyen d’accéder aux informations essentielles au vol.
Un essai de cinq minutes au sol vaut mieux qu’un compromis en vol
Installez-vous dans l’avion, moteur arrêté, et positionnez la tablette exactement comme vous comptez l’utiliser. Suivez ensuite une séquence réaliste :
- Réglez normalement le siège, les palonniers et le harnais.
- Vérifiez le débattement complet et libre des commandes de vol en suivant les procédures approuvées de l’aéronef.
- Ouvrez la carte mobile, le plan d’aérodrome, la carte aéronautique, la liste de vérifications et toute vue en écran partagé que vous prévoyez d’utiliser.
- Comparez les modes portrait et paysage en matière de lisibilité, de reflets, d’accès aux commandes tactiles et de cheminement du câble de recharge.
- Entraînez-vous à retrouver les mêmes informations à l’aide de votre solution de secours.
Si deux pilotes partagent l’avion, répétez la vérification pour chaque position d’assise et chaque morphologie. L’agencement de la tablette est personnel au sens le plus littéral du terme : l’angle de la cuisse, la hauteur du siège, la géométrie des commandes et les applications privilégiées influencent tous le résultat.
Choisissez l’orientation qui réduit la charge de travail
Le mode portrait est généralement idéal pour les documents en forme de page et les cockpits étroits. Le mode paysage convient mieux aux cartes larges, aux affichages en écran partagé et à une installation moins haute. Aucun des deux n’est intrinsèquement plus professionnel, plus avancé ou mieux adapté à tous les avions.
La meilleure orientation est celle qui présente clairement les informations nécessaires tout en préservant le dégagement des commandes, la visibilité extérieure et un environnement de travail dégagé. Testez les deux orientations au sol, préparez les phases les plus exigeantes avant le décollage et ne faites pivoter l’écran que lorsque la charge de travail le permet. Dans un petit cockpit, un simple quart de tour de l’écran peut faire une différence étonnamment importante.