Où placer votre tablette dans le cockpit d’un avion léger ?
Une tablette peut tenir parfaitement dans votre sac de vol tout en étant totalement inadaptée au poste de pilotage. Dans un avion biplace compact, un déplacement de quelques centimètres seulement peut faire la différence entre consulter une carte d’un simple coup d’œil et devoir se pencher autour du manche, lutter contre les reflets sur la verrière et détourner les yeux du pare-brise plus longtemps que prévu.
Alors, où placer votre tablette dans le poste de pilotage d’un avion léger ? Il n’existe pas de position universelle mesurée à partir de la manette des gaz ou du rail du siège. Le meilleur emplacement est celui qui permet de lire brièvement l’écran tout en préservant la vue extérieure, le débattement complet des commandes, l’accès aux interrupteurs essentiels et une posture de pilotage confortable. Pour le trouver, il ne suffit pas de fixer un support là où il reste de la place.
Commencez par le poste de pilotage, pas par le support de la tablette
Avant de choisir un emplacement, installez-vous dans l’avion avec le siège, les ceintures, le casque et les commandes réglés comme ils le seront en vol. Un point de fixation qui paraît judicieux depuis l’extérieur peut devenir gênant une fois le harnais serré et le manche en main.
Vérifiez la tablette dans toutes les situations normales d’utilisation du poste de pilotage. Lorsque l’avion est stationné et immobilisé, déplacez complètement le manche ou le volant dans toutes les directions. Vérifiez l’accès à la manette des gaz, à la commande de richesse, aux volets, au compensateur, au sélecteur de carburant, aux disjoncteurs, aux commandes d’urgence et à tous les interrupteurs auxquels vous pourriez devoir accéder rapidement. Assurez-vous que le câble de recharge ne puisse pas s’enrouler autour d’une commande ni s’accrocher aux vêtements.
Le contrôle ne doit pas se limiter au dégagement physique. Voyez-vous toujours les instruments et les voyants dont vous avez besoin ? La tablette masque-t-elle une partie du pare-brise pendant un virage ou lors de la surveillance du trafic ? Un autre occupant peut-il monter, descendre et utiliser les commandes sans la heurter ?
Effectuez ces vérifications dans l’avion concerné, et pas seulement dans un appareil du même type. La position du siège, les modifications du tableau de bord, la forme des commandes et la morphologie du pilote peuvent modifier le résultat. Un emplacement adapté dans un avion de location peut être médiocre dans un autre doté d’un tableau de bord ou d’une géométrie de siège différents.
Les trois emplacements pratiques pour une tablette
Sur la cuisse
Une planchette de vol constitue souvent la solution la plus simple dans un poste de pilotage étroit. Elle évite de fixer du matériel à l’avion, se transporte facilement d’un appareil de location à l’autre et maintient l’écran dans l’espace personnel du pilote. Cette disposition est particulièrement pratique avec un téléphone, un iPad mini ou une tablette compacte de dimensions similaires.
Son inconvénient est un angle de vision plus bas. Consulter l’écran peut exiger davantage de mouvements de tête que jeter un coup d’œil à un écran placé au niveau du tableau de bord. Une grande tablette peut également gêner le manche lorsqu’il est tiré complètement vers l’arrière ou appuyer contre la paroi de la cabine. Testez les orientations portrait et paysage : faire pivoter l’appareil peut résoudre un problème de dégagement sans modifier le matériel.
La position sur la cuisse a également son importance. Placez la tablette suffisamment haut pour qu’elle ne glisse pas vers le genou, mais pas au point que son bord supérieur entre en conflit avec les commandes ou les éléments de la ceinture de sécurité. Les pilotes qui changent fréquemment d’avion peuvent préférer une solution compacte comme la planchette de vol Dream Pilot Magic. Elle utilise une fixation magnétique, accueille les smartphones et les tablettes en orientation portrait ou paysage et évite d’installer un support permanent dans l’avion. Comme pour tout dispositif de maintien, vérifiez avant le vol sa compatibilité avec votre appareil, votre position assise et la géométrie des commandes.
Sur le volant
Un support fixé au volant place l’écran près du circuit visuel habituel du pilote et peut réduire les mouvements de tête vers le bas. Cette solution peut convenir aux appareils de petite taille lorsque le volant offre suffisamment d’espace et que le support est conçu pour ce type d’installation.
Mais le volant est une commande de vol mobile, pas une étagère disponible. Les dimensions et la masse ajoutées se déplacent à chaque action sur les commandes. La tablette ne doit pas limiter le débattement, masquer un instrument, obstruer des interrupteurs, gêner le mouvement de la colonne de commande ni rendre le volant inconfortable à tenir. Un écran qui ne gêne rien lorsque les commandes sont au neutre peut masquer un élément important quand le volant est tourné ou tiré vers l’arrière.
Sur une vitre latérale, une paroi latérale ou le tableau de bord
Un support fixe ou temporaire correctement positionné peut rapprocher la tablette du niveau des yeux. Les cartes d’approche et les cartes déroulantes deviennent alors souvent plus faciles à consulter, mais une position plus haute n’est pas automatiquement meilleure. Une tablette placée près d’une vitre latérale peut masquer une partie de la zone de surveillance du trafic, créer des reflets ou limiter la visibilité dans un virage. Un support à ventouse peut également exercer un bras de levier important sur son point de fixation.
La propriété de l’avion et les règles d’installation doivent être prises en compte. Ne percez pas, ne collez pas et ne modifiez pas l’intérieur d’un avion sans avoir déterminé si ces travaux sont autorisés et correctement documentés. Les locataires doivent obtenir l’autorisation de l’exploitant, même pour du matériel de fixation temporaire. Concernant les appareils électroniques en général, le commandant de bord ou l’exploitant doit également déterminer que leur utilisation ne risque pas de perturber les systèmes de l’avion, conformément au 14 CFR 91.21, lorsque cette réglementation s’applique.
Optimisez l’angle de vision, pas seulement l’emplacement
Une tablette peut ne gêner aucune commande tout en restant très pénible à utiliser. La lisibilité en plein jour dépend fortement de l’angle. Un écran brillant orienté vers une vitre latérale fortement éclairée peut se transformer en miroir, tandis qu’une légère modification de son inclinaison peut rendre le même affichage lisible avec une luminosité plus faible.
Si possible, placez l’avion dans les conditions d’éclairage que vous rencontrez habituellement et vérifiez l’écran depuis votre position normale. Ne cherchez pas à éliminer les reflets en plaçant l’appareil à un endroit où il masque la fenêtre. Régler la luminosité au maximum n’est pas non plus une solution complète : cela augmente la consommation d’énergie et la chaleur, et l’écran peut devenir beaucoup trop lumineux lors des vols de nuit.
De nuit, réduisez suffisamment tôt la luminosité de l’écran pour permettre à vos yeux de s’adapter et vérifiez qu’il ne crée pas de reflets sur le pare-brise. Le mode sombre peut aider, mais certaines pages d’application, alertes ou fenêtres du système d’exploitation peuvent néanmoins s’afficher soudainement avec une forte luminosité. Sachez modifier rapidement la luminosité sans devoir parcourir plusieurs menus.
La distance de lecture mérite également votre attention. Un texte techniquement visible, mais qui oblige à se pencher en avant, n’est pas pratique. Réglez au sol l’échelle des cartes, la taille des caractères, les champs de données et l’orientation de l’écran. L’objectif n’est pas d’afficher le plus grand nombre possible d’informations, mais de rendre les informations réellement utilisées lisibles d’un simple coup d’œil.
Effectuez un contrôle de dégagement dans le poste de pilotage à l’arrêt
Une vérification méthodique de l’installation ne prend que quelques minutes et permet de détecter la plupart des mauvais emplacements avant la mise en route de l’hélice :
- Adoptez la position de pilotage. Réglez le siège, attachez les dispositifs de retenue, mettez le casque et fermez les portes ou la verrière, selon le cas.
- Déplacez toutes les commandes principales sur toute leur course. Incluez le compensateur, les volets, la manette des gaz, la richesse, le réchauffage du carburateur et les autres commandes propres à l’avion.
- Vérifiez la visibilité. Regardez à l’extérieur dans les directions utilisées pour le roulage, la surveillance du trafic, les virages et l’atterrissage. Confirmez que les instruments et les voyants d’alerte nécessaires restent visibles.
- Entraînez-vous aux tâches habituelles. Changez de carte, saisissez une fréquence, branchez une alimentation externe et rangez le stylet. Ces actions ne doivent pas vous obliger à lutter avec le support.
- Prévoyez les pannes. Décidez où placer l’appareil si le support se desserre, si la tablette surchauffe, si la batterie se décharge ou si l’application se bloque. Conservez à disposition les informations de secours obligatoires et appropriées.
N’effectuez pas le contrôle du débattement complet des commandes avec le moteur en marche ni à un endroit où leur mouvement pourrait créer un danger. Respectez le manuel de vol de l’avion (POH ou AFM), les listes de vérification approuvées et les procédures de l’exploitant.
L’emplacement doit réduire le temps passé tête baissée
Un bon emplacement favorise un bon circuit visuel, mais ne suffit pas à le créer. Chargez avant le départ l’itinéraire, les cartes, les plans d’aérodrome, les fréquences et les documents nécessaires. Familiarisez-vous avec les fonctions essentielles de l’application avant d’essayer de les utiliser dans les turbulences ou dans un circuit de piste chargé. Si une tâche commence à monopoliser trop d’attention, concentrez-vous de nouveau sur le pilotage et occupez-vous de la tablette plus tard, ou demandez de l’aide lorsque cela est possible.
Il convient également de se demander si la taille de la tablette est adaptée à la mission. Un grand écran paraît séduisant sur la table de la cuisine, mais il peut imposer des compromis dans un petit poste de pilotage, notamment en matière de dégagement des commandes et de visibilité extérieure. Un appareil plus petit, doté d’une interface claire et familière, peut être plus pratique qu’un écran plus grand placé maladroitement.
Le meilleur emplacement pour une tablette n’est donc pas nécessairement le plus haut, le plus proche ou le plus sophistiqué. C’est celui qui réussit un contrôle de dégagement réaliste, reste lisible dans les conditions d’éclairage prévues et permet au pilote de reporter immédiatement son attention à l’extérieur. Préparez l’installation au sol, testez-la sur le siège exact que vous occuperez et considérez chaque poste de pilotage inconnu comme un nouveau problème d’installation.