La préparation du cockpit en cinq minutes avant la mise en route du moteur

Le moteur est encore silencieux, l’avion n’est relié à rien et personne n’attend de collationnement. C’est le moment le plus calme et le moins coûteux pour résoudre les problèmes d’organisation du poste de pilotage.

Une préparation du poste de pilotage en cinq minutes avant la mise en route n’est pas une énième check-list rituelle. Il s’agit d’une courte routine d’organisation qui permet de placer à portée de main les éléments dont vous aurez besoin, de ranger correctement tout le reste et de repérer les petits désagréments avant l’arrivée des vibrations, du bruit, de la chaleur et du trafic radio. Lorsqu’elle est bien réalisée, elle facilite également l’utilisation de la check-list de l’avion, puisque vous n’avez pas à démêler en même temps le câble de votre casque ni à chercher un stylo.

La préparation exacte dépend de l’avion, du pilote et de la mission. Un avion-école loué pour un vol local n’exige pas la même organisation qu’un appareil privé utilisé pour une navigation. L’objectif reste cependant le même : chaque objet utile doit avoir une place logique, et rien ne doit gêner les commandes, les interrupteurs, la visibilité ou les mouvements habituels.

Pilote disposant une tablette, un casque, une check-list et une carte dans le poste de pilotage d’un avion léger en stationnement
Le meilleur moment pour organiser le poste de pilotage est lorsque le moteur est silencieux et que la charge de travail est faible.

Première minute : organiser le poste de pilotage en fonction du vol

Commencez par le vol que vous allez réellement effectuer, et non par tous ceux que vous pourriez faire un jour. Pour une courte leçon en local, vous aurez peut-être besoin d’une check-list, d’une planchette de vol, d’un stylo, d’un casque et éventuellement d’un téléphone ou d’une tablette. Une navigation peut nécessiter en plus des cartes d’aérodrome, des câbles de recharge, une batterie externe, de l’eau, des lunettes de soleil et des notes sur papier.

Limitez-vous d’abord à l’équipement essentiel. L’objet qui semblait inoffensif lorsqu’il a été posé sur le siège droit vide peut disparaître sous une veste après l’embarquement, glisser au sol pendant le roulage ou vous inciter à vous étirer longuement au mauvais moment. Si un objet ne doit pas être utilisé avant l’atterrissage, il vaut probablement mieux le ranger dans un sac de vol plutôt que de le laisser libre dans la cabine.

C’est également le moment de penser aux passagers. Montrez-leur comment faire passer le câble de leur casque, où placer un sac et quelles zones doivent rester dégagées. Un passager ne devrait pas avoir à improviser un rangement après la mise en route du moteur — et vous non plus.

Deuxième minute : placer les informations là où vos yeux et vos mains s’attendent à les trouver

Disposez la check-list et les informations de vol essentielles en fonction de la manière dont vous les utiliserez. La check-list normale doit être ouverte à la bonne section, sans qu’il soit nécessaire de tourner plusieurs pages. Les cartes d’aérodrome et les notes doivent être accessibles sans avoir à fouiller. Gardez toujours un stylo fonctionnel au même endroit, puis prévoyez-en un second dans un autre emplacement tout aussi précis. Les stylos ont un talent remarquable pour disparaître au moment exact où une clairance devient compliquée.

Si vous utilisez un sac de vol électronique, ouvrez le vol ou l’itinéraire approprié avant la mise en route. Vérifiez que les cartes et documents nécessaires sont disponibles, à jour et utilisables sans dépendre d’une connexion de données de dernière minute. Réglez la luminosité de l’écran en fonction de l’éclairage ambiant et assurez-vous que le verrouillage automatique ne deviendra pas gênant. Ces précautions relèvent de la préparation ; elles ne remplacent ni les cartes à jour, ni les NOTAM, ni les informations météorologiques officielles, ni les documents et procédures approuvés de l’avion.

La position de l’appareil est aussi importante que l’application utilisée. L’écran doit pouvoir être consulté d’un regard bref et naturel, sans masquer les commandes, les instruments, les aérateurs ou la visibilité extérieure. Si une position discrète sur la cuisse convient à l’avion et à votre position d’assise, la planchette de vol Dream Pilot Magic constitue une solution compacte. Son système de fixation magnétique accueille directement les appareils MagSafe ainsi que d’autres téléphones ou tablettes équipés d’une plaque métallique, en orientation portrait ou paysage. Comme pour tout support utilisé dans le poste de pilotage, évaluez son emplacement dans l’avion concerné et assurez-vous qu’il n’entrave pas le mouvement normal des commandes.

Troisième minute : maîtriser les câbles et les petits objets non arrimés

Les câbles de casque et de recharge posent généralement moins de problèmes par leur complexité que par leur mauvais cheminement. Selon la configuration, faites passer le câble du casque derrière votre bras ou le long de la paroi de la cabine. Laissez suffisamment de mou pour pouvoir tourner la tête, mais évitez qu’une boucle puisse tomber près du volant, du manche, des palonniers, du compensateur, de la commande des volets ou du mécanisme du siège. Branchez et réglez le casque avant que le poste de pilotage ne devienne bruyant.

Si vous prévoyez de recharger un appareil, inspectez le câble et le connecteur, faites-les passer à l’écart des éléments mobiles et placez la batterie ou l’adaptateur à un endroit où il ne pourra pas se déplacer. Évitez de créer un enchevêtrement de câbles au-dessus de la console centrale simplement parce que la prise de courant la plus proche est pratique. Pour un vol court, un appareil entièrement chargé permet souvent une installation plus nette qu’une recharge permanente.

Rassemblez maintenant les petits objets : clés, caches d’objectif, stylet, étui à lunettes, téléphone, adaptateurs et emballages laissés par l’occupant précédent. Ne conservez que ce dont vous avez besoin, dans des poches ou des compartiments qui ferment correctement. Dans les avions dotés de commandes apparentes ou installées au plancher, les objets libres exigent une attention particulière. Suivez le manuel de vol — POH ou AFM — ainsi que les consignes de l’exploitant, plutôt que de supposer qu’un emplacement convient simplement parce qu’il paraît pratique.

Pilote vérifiant le dégagement des commandes avec un appareil fixé sur la cuisse et le câble du casque éloigné du volant
Une installation pratique doit néanmoins laisser suffisamment d’espace pour le débattement complet des commandes et les mouvements normaux du pilote.

Quatrième minute : vérifier l’accessibilité et l’absence d’interférences

Asseyez-vous dans la position que vous utiliserez au décollage, avec le siège verrouillé et les ceintures attachées. Ce détail est important : un appareil qui ne gêne pas le volant lorsque vous êtes adossé peut provoquer une interférence lorsque vous vous redressez. De même, un sac qui semblait éloigné avant de boucler la ceinture ventrale peut appuyer contre une commande une fois que vous êtes correctement installé.

Sans déplacer une commande d’une manière contraire aux procédures de l’avion ou aux conditions sur l’aire de trafic, évaluez l’espace nécessaire à son débattement complet et libre. Vérifiez que vos genoux, votre planchette de vol, votre tablette, vos vêtements et vos câbles ne gênent ni le volant ni le manche. Examinez les environs du compensateur, de la manette des gaz, de la commande des volets, du frein de parc, du sélecteur de carburant et des mécanismes de porte. Assurez-vous de pouvoir atteindre les commandes essentielles sans déplacer votre équipement ni adopter une position inconfortable.

Testez ensuite les tâches pratiques que vous devrez probablement effectuer :

  • Pouvez-vous prendre et remettre la check-list d’une seule main ?
  • Pouvez-vous noter une fréquence ou une clairance sans poser une feuille sur une commande ?
  • Pouvez-vous consulter brièvement la tablette sans garder la tête baissée trop longtemps ?
  • Pouvez-vous tourner complètement la tête sans que le câble du casque ne gêne ?
  • Pouvez-vous accéder aux équipements d’urgence requis sans devoir vider le poste de pilotage ?

Il ne s’agit pas de la vérification officielle des commandes de vol de l’avion, qui doit être effectuée à l’étape prévue par la check-list approuvée. C’est une vérification ergonomique préalable : votre équipement personnel permet-il au poste de pilotage de fonctionner comme prévu ?

Cinquième minute : fixer définitivement l’organisation, puis utiliser la check-list

La dernière minute sert à éliminer toute incertitude. Remettez le stylo principal à sa place. Positionnez la check-list sur le premier élément requis. Vérifiez que les portes se trouvent dans la position prévue avant la mise en route, que les passagers ont compris le programme immédiat et que les équipements libres sont rangés. Si vous avez déplacé un siège ou ouvert un compartiment à bagages pendant la préparation, vérifiez-le de nouveau conformément à la procédure applicable.

Faites maintenant une pause. Regardez de gauche à droite et posez-vous trois questions simples : Qu’est-ce qui peut tomber ? Qu’est-ce qui peut s’accrocher ? De quoi aurai-je besoin en premier ? Corrigez les éventuels problèmes pendant que l’hélice est encore immobile.

Passez seulement ensuite à la check-list approuvée avant mise en route de l’avion. Votre routine de cinq minutes ne remplace ni une check-list issue du POH ou de l’AFM, ni les procédures de l’exploitant, ni un briefing passagers approprié. Elle crée les conditions nécessaires pour que vous puissiez accorder toute votre attention à ces procédures.

Une organisation reproductible vaut mieux qu’une organisation parfaite

L’organisation la plus efficace du poste de pilotage n’est pas nécessairement complexe. Elle doit surtout être reproductible. Si le stylo, la check-list, l’appareil et le câble du casque occupent les mêmes emplacements logiques à chaque vol, vous saurez toujours où les trouver. Cette régularité devient particulièrement précieuse pendant l’instruction, lors d’une arrivée sur un aérodrome inconnu ou durant toute phase où votre attention est déjà partagée.

Après chaque vol, apportez une modification en fonction de ce qui s’est réellement passé. Le soleil a-t-il rendu l’écran illisible ? Un câble appuyait-il contre votre jambe ? Avez-vous emporté trois objets qui ne sont jamais sortis du sac ? De petites corrections permettent d’adapter progressivement l’installation à votre avion et à vos habitudes, sans transformer le poste de pilotage en bureau ambulant.

Cinq minutes de calme sur l’aire de trafic n’élimineront pas la charge de travail. Elles éviteront simplement qu’un encombrement inutile ne vienne s’y ajouter — et c’est un investissement qui en vaut la peine avant chaque mise en route.